16 décembre 2007
Carte de la zone Bejaia-Beni Foughal-Jijel datant de 1860
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Je vous présente aujourd'hui une carte ancienne réalisée en 1860, qui nous montre le tracé des routes existantes à l'époque sur une 'bande' allant de Jijel à Bejaïa.
J'adresse un grand merci à Sagittarius qui a fait cette découverte dans ses archives familiales, et qui a souhaité la partager avec nous.
carte_1860 à télécharger
La résolution du fichier scanné est très bonne, il est possible de zoomer fortement sur la zones de votre choix et sur la légende.
En voici un petit extrait de la carte, juste 'pour faire joli' sur le blog:

03 septembre 2007
Carte de la région de Jijel, 1914
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Voici la carte jointe au livret-guide sur Bougie et la petite Kabylie, en complément de l'article précédent.

Carte de la région, 1914
Téléchargement de la carte avec une meilleure résolution carte_guide_bougie2
Références
Bougie et la Petite Kabylie
Syndicat d'initiative de Bougie, 1914.
01 septembre 2007
De Bougie à Djidjelli par les gorges de Taza, la forêt de Guerrouch et Texenna
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Ceci était un
itinéraire d'excursion conseillé aux touristes souhaitant découvrir la
région, vers 1914. Voici la description qui en est faite, dans le
petit guide édité par le syndicat d'initiative de Bougie dont j'ai déjà
parlé ici:
"
Après
avoir dépassé Mansouriah et la Grotte merveileuse, au 66e kilomètre en
venant de Bougie, on rencontre, sur sa droite, un bon chemin muletier
qui, en moins d'un quart d'heure, mène à l'entrée des gorges de Taza,
dans lesquelles on pénètre entre deux falaises à pic après avoir
plusieurs fois traversé l'oued.

Entrée des gorges de Taza, vers 1914<>
(photo de meilleure résolution ici:entree_gorges_taza)
D'une hauteur moyenne de 200 mètres, longues de 350 mètres, elles forment un étroit défilé dont les infractuosités tapissées de lierre et de vigne sauvage servent de refuge à des légions de ramiers, dont les cris, répercutés par les échos, mêlent leur note assourdissante au murmure des eaux de l'oued.
Des bandes de singes descendent parfois en
gambadant pour se désaltérer dans l'eau de la rivière qui, torrentueuse
en hiver et au printemps, coule, en été, en un mince filet.
...
Au sortir des gorges (ndlr: de Taza),
l'horizon s'élargit et par un bon chemin muletier on parvient, en deux
heures, à la maison forestière de Guerrouch à 738 m d'altitude.
Le site est réellement merveilleux. Par la vallée de l'oued Bou-Chair, on aperçoit au Nord les fermes du centre d'Agadie et, au delà, les eaux bleues de la mer.
...
A la maison forestière de Guerrouch, deux chambres d'hôte sont mises, si on en fait préalablement la demande à l'inspection forestière de Djidjelli, à la disposition des voyageurs qui trouveront, auprès du personnel particulièrement hospitalier de cette maison, toutes les commodités pour se restaurer très confortablement et passer une excellent nuit de repos à un tarif des plus modérés.

Fontaine de Guerrouch, vers 1914
(photo de meilleure résolution ici: fontaine_guerrouch)
En quittant
Guerrouch, on gravit, par un chemin délicieusement ombragé, les pentes
de la montagne de Goubia et de la forêt d'El-Maberd (forêt de l'eau
glacée).
Pendant quatre heures, on ne quitte pas la forêt dont les
peuplements serrés de chêne-zéen se succèdent, dans un superbe défilé
rendu plus impressionnant à chaque détour, par la découverte, soit d'un
arbre gigantesque, soit d'une cascade qui dévale en un sillon argenté,
à travers les blocs et les troncs moussus, soit enfin d'une brusque
échappée sur la mer, dont la ligne bleue se confond à l'horizon avec
l'azur du ciel.
Après un court arrêt à la fontaine de Goubia, aujourd'hui veuve des arbres magnifiques qui l'entouraient qui furent récemment arrachés par un cyclone qui a fait dans ce coin, jadis si riant, comme un tache désertique dans la fraîcheur du bois, on arrive, en une demi-heure de mulet ou de bon pas, à la fontaine d'El Maberd, la plus froide de ces montagnes où, sous l'épais ombrage des chênes séculaires et des majestueux noyers on s'arrêtera pour savourer le déjeuner froid apporté dans les bardas des mulets.

Fontaine El-Maberd, vers 1914
(photo de meilleure résolution ici: fontaine_el_maberd)
Deux heures de route suffisent ensuite pour gagner Texenna, station estivale des Djidjelliens.
...
De Texenna à Djidjelli la route descend continuellement sur un parcours de 24 kilomètres, qui permet de voir se dérouler, sous les yeux du voyageur, l'attrayant panorama formé par les villages et les fermes qui entourent Djidjelli, depuis Duquesne, Strasbourg, Taher et Chefka, jusqu'à l'embouchure de l'oued El Kebir.
Puis c'est l'arrivée à Djidjelli, la coquette ville aux larges rues claires et ombragées.
Cette excursion peut se faire très facilement en un jour et demi en partant de Bougie en automobile à 1 heure de l'après-midi pour être à l'entrée des gorges de Taza à 3 heures, à Guerrouch à 5 heures, si on ne s'arrête pas en chemin et à 6 heures, si l'on s'est arrêté, soit pour admirer le paysage, soit pour prendre quelques clichés que l'on reverra plus tard avec plaisir. On repartira de Guerrouch le lendemain matin à 6 heures, pour être à El-Maberd à 11 heures, à Texenna à 5 heures et le soir à Djidjelli.
...
Si on ne dispose que d'une journée, on peut faire la partie la plus intéressante de l'excursion de la façon suivante:
On part de Bougie en automobile le matin de bonne heures (5 heures) de façon à être à l'entrée des Gorges de Taza à 7 heures, on monte aussitôt à mulet pour arriver à Guerrouch à 9 heures. On laisse à la maison forestière les mulets et les provisions qu'on aura eu soin d'apporter, pour prendre un déjeuner froid près de la source. De 9 heures à midi on a largement le temps d'aller à pied à travers la plus belle partie de la forêt jusqu'au col de Goubia, point culminant de l'excursion, à 1350 mètres et de revenir pour le déjeuner à midi. On déjeune d'excellent appétit en prenant tout son temps, et vers les deux heures on remonte à mulet, soit pour revenir par le même chemin, aux gorges de Taza, soit pour aller par une autre partie de la forêt jusqu'à Cavallo reprendre l'auto qui ramènera à Bougie, pour l'heure du dîner, le voyageur ravi d'une excursion faite sans fatigue et vraiment délicieuse.
"

Sortie des gorges de Taza, vers 1914
(photo de meilleure résolution ici : sortie_gorges_taza)
Références:
Syndicat d'Initiative de Bougie
Bougie et la Petite Kabylie
1914
07 juillet 2007
Charles Thierry-Mieg, le voyageur pressé
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Voici une petite enquête pour ceux que cela intéresse, avec plein de questions à poser aux anciens, ou à ceux qui ont eu la chance de pouvoir parcourir à pied tous les chemins escarpés du Babor...
Au départ de cette enquête, il y a un livre:
Dans la bibliothèque numérique Gallica, on trouve le récit du voyage en Algérie de Charles Thierry-Mieg, intitulé "Six semaines en Afrique" (livre téléchargeable en ligne).
On
y voit Monsieur Thierry-Mieg parcourir à toute vitesse l'Algérie et la
Tunisie; et en particulier le chapitre 6 (à partir de la page
284) décrit son passage en Petite Kabylie, en 1859, soit 6 ans seulement après la soumission des tribus du Babor.
A
vrai dire les faits
et gestes décrits ne sont pas passionnants, et Thierry-Mieg porte des jugements qui le positionnent bien loin de
l'humanisme éclairé d'un Manuel Bugéja...Mais notre homme était aussi
un bon observateur,
il a noté méticuleusement ce qu'il a vu. Son récit fourmille
de
détails et de scènes qui sautent aux yeux quand on les
lit: le livre comporte finalement presque 70 pages rien que sur la
Petite Kabylie! Et on prend finalement du
plaisir à les lire...
Voici donc l'énigme:
A partir de la page 305, notre voyageur quite
Djidjelli, pour arriver en page 319 chez le caïd Saïd-Mohammed de
Ziama, puis en page 334 chez les Beni M'Hamed.
Quel chemin
a-t'il emprunté? Thierry-Mieg est-il passé sur le territoire des Beni
Foughal, ou plutôt sur le territoire d'autre tribus voisines? La durée
du trajet vous semble-t'elle raisonnable (1 journée pour faire
Djidjelli-Ziama à mulet et à cheval)
Quel peut-être le village de la
page 309, construit en maisons de pierre à l'orée d'une forêt? Devant le village, des pâturages et un ruisseau. Après
ce village, la route escarpée monte à travers une 'forêt vierge'
avant de redescendre, encore plus escarpée...
J'ai déjà commencé à poser ces
questions à quatre personnes, elles pensent toutes que ce chemin
traversait Benifoughal. Deux de mes interlocuteurs ont trouvé le temps
de trajet bien trop rapide. Quant au village page 309, pour l'instant,
aucune piste...
J'ai
envoyé les copies de ce livre à deux oncles foughalis nés dans les années
1920/1930, j'espère qu'ils pourront faire avancer l'énigme - un de mes
interlocuteurs doit aussi m'envoyer la copie d'une carte très ancienne
sur laquelle figurent les chemins muletiers...
J'espère que vous
pourrez vous aussi poser des questions à vos proches cet été, et
que vous reviendrez avec plein d'informations!
Et en attendant, pour vous donner envie de lire ce livre, j'en retranscris ici trois passages:
"
En avant
marchait au pas mon cavalier d'escorte. C'était un beau jeune homme à
la figure pâle et mélancolique; sa moustache blonde et ses yeux bleus
lui donnaient un air européen, relevé encore par son turban blanc
soigneusement attaché.
...
Vêtu de blanc tout entier, sauf ses
bottes molles de maroquin rouge qui jouaient dans ses larges étriers
arabes, il se tenait nonchalament dans sa selle de velours cramoisi et
conduisait avec grâce un beau cheval souple et docile, à l'oeil vif et
intelligent, à la marche douce et sûre, au pelage blanc de lait, relevé
seulement par le reflet rougeâtre au henné qui dorait des naseaux
mobiles et ses jarrets nerveux
"
et encore
"
Il
nous fallut d'abord gravir une montagne rocheuse et boisée. Le sentier
passait souvent sur la pierre nue et suivait des ravins et des
précipices d'une hauteur effrayante. Le moindre faux-pas de nos bêtes
nous eût précipité dans l'abîme. Mais arrivé au sommet je fus ravi du
spectacle qui s'offrit à mes regards: des montagnes de tous côtés, des
pics élevés, pointus ou arrondis, mais toujours garnis de forêts
épaisses et sombres; rarement une éclaircie dans une étroite vallée; au
fond, un bras de mer éclairé par le soleil, des nuages obscurs et
entassés s'entrechoquant dans un ciel orageux.
A la descente, le
chemin fut encore plus difficle qu'à la montée, mais admirable de
suavagerie. Imaginez de véritables forêts druidiques, des arbres
gigantesques au feuillage touffu, ornes ou chênes, entrelacés par des
lianes énormes qui formaient autour de leurs troncs et de l'un à
l'autre un réseau inextricable, et rendaient tout passage impossible;
de sombres cavernes dégouttant d'humidité et tapissées d'un lierre
épais et vigoureux, fermées par de longues branches ou des lianes qui
pendaient en guirlandes naturelles et sévères devant leur entrée.
"
et encore
"
...au sortir du bois, nous commençâmes à rencontrer des Kabyles allant à leurs travaux.
...
C'étaient
de beaux hommes, grands et vigoureux, à barbe noire et rarement brune,
au teint sombre et hâlé, à la démarche énergique et fière, vêtus d'une
espèce de chemise ou de blouse blanche sans manches (gandoura)
tombant jusqu'aux genoux et ordinairement attachée autour du corps par
une ceinture de cuir qui soutenait un long couteau. Ils étaient
chaussés de la sandale antique attachée sur le pied et laissant à
découvert sa surface supérieure. Ou bien encore, et le plus souvent,
une peau de chèvre ou de boeuf non tannée et le poil tourné en dehors
leur enveloppait le pied et la jambe, la défendant contre ronces et
épines, espèce de bottine ou de guêtre maintenue par de forts lacets en
cuir. Pour coiffure ils portaient une chachia, bonnet de
laine blanche ou rouge, sans visière, en forme de cylindre ou de
calotte, qui protégeait leur tête rasée. Un grand tablier de cuir
appelé tabenta les couvrait entièrement depuis le menton jusqu'au
dessous du genou, comme nos charpentiers
...
"
Références
Thierry-Mieg, Charles
Six semaines en Afrique : récits de voyage
Editeur: Michel Levy frères, Paris, 1861
Cote: NUMM 104090, Bibliothèque Numérique Gallica
Ce livre est consultable ou téléchargeable en ligne ici
